Dimanche 16 décembre 2007
D’accord, c’est un peu fouillis. Un peu réservé aux dylanodoctes, comme l’a écrit Pierre Murat. D’accord, la tignasse de Cate évoque plutôt Marie-Paule Belle que Robert Zimmermann.
Mais il y a cette perplexité qui ne se dissipe jamais, à suivre sans bien les comprendre les aventures d’un petit garçon prénommé Woody (Woody Guthrie était-il noir ?), d’un Tony ou Franck Quelque Chose, folk star un peu ringarde aux faux airs de Chris Isaak, ou d’une Julianne Moore qui a tout de Joan Baez, sauf le nom.
Perplexité qui devient trouble à l’apparition de Cate Blanchett : joues creuses, regard fiévreux, moues dégoûtées, dos de moineau et mouvements mâles où traîne une féminité qu’on a du mal à croire feinte. Cate en Bob au piano : les mêmes mouvements de tête scandant les mots poil à gratter du protest singer, un soupçon de grâce en plus.
Le trouble grandit avec la performance vocale : les intonations caractéristiques, ces phrases qui montent et redescendent au gré des mises au point du bonhomme, c’est déjà fort. Mais le timbre lui-même y est. Ou alors on veut le croire. Parce qu’on est plus que séduite, scotchée par ce regard qu’on prend en pleine figure, du fond d’une limousine, qui dit toute la roublardise, l’art de la séduction et de l’esquive du personnage. Un regard qui dit à lui seul qu’on a bien fait de venir. Et qui nous suit lorsqu’on remet Blonde on blonde sur la platine, à peine arrivée à la maison.
Par JACOTTE
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Publié dans : FILMS
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Rien ne me ravit plus qu’un mot rare perdu dans une phrase banale, lâché par un orateur désinvolte, inconscient du prix du cadeau.
Je fus récemment gratifiée d’un « nyctalope » impérial, entre gigot et fromage. Je le savourais encore sur un chemin de feuilles mortes, hérissé de châtaignes, lorsque son auteur poussa l’élégance jusqu’à nommer doctement, pour une assistance enfantine médusée, la « cupule » coiffant le gland tombé à terre.
Cupule et nyctalope, c’était presque trop pour un dimanche.
Que dire alors du « molaquer* » inventé par une collègue en grande forme, pour les seuls besoins d’une potache et phonétique récréation ?
Qu’il y a privilège à vous connaître, rien que pour ces mots-là.
Merci Marie, merci Philippe.
* « Terre ! molaque-t-il (en apercevant une côte après trente jours de navigation à la dérive). »
P.S. Désolée pour la première version un peu bousculée de la citation, rectifiée maintenant. Un peu de respect pour les grands textes ne nuit pas.
Par JACOTTE
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Publié dans : NEZ AU VENT
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Vous y pensez depuis des mois. Votre auteur fétiche, dans une édition prestigieuse.
Vous n’en avez pas les moyens. Pas encore. Et puis, un jour, si. C’est aujourd’hui qu’il vous le faut.
Vous visitez vos librairies favorites, par ordre décroissant. Qui ne l’ont pas. Vous pourriez le commander, mais c’est aujourd’hui qu’il vous le faut.
Peu importe le flacon, vous vous rabattez sur l’un des temples de la consommation culturelle. Qui l’a. Vous l’avez en mains. L’ivresse vous gagne. Comme un(e) somnambule, vous remontez les allées du temple, contemplant votre trésor. Repu(e) de satisfaction, vous le calez sous votre bras et vous relevez la tête, humant déjà dans l’air le parfum de la cigarette que vous allez allumer pour fêter l’événement.
Voilà, vous êtes dehors. Votre trésor sous le bras. Vous ne l’avez pas payé. Les gardiens du temple n’ont pas sonné.
Vous faites quoi ?
Par JACOTTE
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Publié dans : EXERCICES
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