Mardi 17 avril 2007
Sur trente kilomètres, je n'ai dit que trois fois "oh putain" en fermant les yeux.
J'ai admiré les lumières de Saint Etienne de Saint Geoirs et j'ai goûté l'odeur du lisier dans les champs de la plaine de Bièvre.
J'avais bu deux Saint Thomas et dégusté le Non Solum de Sergi Lopez, au théâtre Jean Vilar de Bourgoin.
par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
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Lundi 16 avril 2007

J’ai la trouille dans les virages. Surtout les extérieurs.
Mon casque sent le moisi.
J’ai mal au cul.
Je sens plus ma jambe gauche.
Sûr que j’ai une lésion irréversible au nerf sciatique.
Mais cette impression d’être de l’expédition Apollo à chaque fois que je remets ce casque qui sent le moisi…

par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
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Lundi 5 février 2007

Linda Ronstadt est allemande.
Une seule femme a chanté Lucille.
Une vraie Cobra vaut 800 millions.
C’est fou ce qu’on peut parfaire sa culture générale en portant ses vieilles cassettes audio à la déchetterie.
Y avait même pas un bon vieux rock n’roll dedans.
La honte.

par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
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Lundi 5 février 2007
La quatrième de couverture nous explique que « Thomas Lélu joue avec les ficelles du roman pour rire de l’absurdité du monde et emporter le lecteur par sa drôlerie irrésistible. »
Je ne sais pas avec quoi il joue mais j’aimerais bien écrire n’importe quoi sur cent cinquante pages sans lasser personne. Je vous recommande tout particulièrement la page 124 :

« Nous nous retrouvons dans un studio avec un fond bleu et des projecteurs partout. Arno installe une caméra DV et place notre acteur principal qui s’appelle Boris sous les spots. L’interview peut alors commencer.
- Prénom ?
- Boris.
- Russe ?
- Non, Chinois.
- Boris, c’est pas chinois.
- Si, je suis né à Pékin.
- Tu sors avec Demis Roussos ?
- Oui, de temps en temps.
- Aimes-tu faire la fête ?
- Oui, j’aime faire la fête.
- Ne sois pas insolent, Boris. Peux-tu nous parler de la Grèce et de ses coutumes, tu seras gentil.
- Et bien, Demis a mangé le cul d’une chèvre en 52 à Auchan puis, après avoir posé pour Playboy, il s’est rendu compte que la racine carrée d’un sac à main était inférieure à la diagonale d’une nouille. Il en a conclu qu’il devait ouvrir une boutique de souvenirs pour aveugles. »

Il paraît qu'il a aussi écrit un Manuel de la photo ratée. Je me le garde pour le mois prochain.

par JACOTTE publié dans : BOUQUINS
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Mercredi 24 janvier 2007
C’est le premier Angot que je lis. C’est l’homme qu’elle quitte qui l’écrit, par une lettre (plusieurs ?) où il commente son manuscrit et lui redit son amour inconditionnel, la perte qu’elle représente pour lui. On pense (encore) à l’amour de Bobin pour sa Ghislaine.
Evidemment on se demande de quoi était fait ce manuscrit avant les commentaires de l’homme quitté. C’est ce qui m’a plu. Le côté « écrivain incompris de certains critiques, surtout positifs » est un peu agaçant mais à peine.
par JACOTTE publié dans : BOUQUINS
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Mercredi 17 janvier 2007

Le 4x4 marque une hésitation mais s’engage sur ma droite. Je ralentis, incrédule. Il ne va quand même pas… Si. Il a. Je klaxonne. Il pile. Moi aussi, obligée. Il n’ouvre pas sa portière tout de suite. Il ne sait plus où il a mis sa batte, peut-être. Il se décide, pose un pied par terre et me fait face, le majeur provocant. Je lis sur ses lèvres « priorité à droite ». Je suis sûre de moi, j’ai vu les pointillés en me poussant sur son passage forcé. Je réponds « cédez le passage » en articulant bien et en tentant de maîtriser la colère qui monte, depuis ce doigt pointé. Il répète « priorité à droite », je répète « cédez le passage ». Et il repart. Je regrette de n’être pas sortie moi aussi, pour l’inviter à vérifier avec moi. Tant pis, je le ferai au retour, sans partager ma victoire.
Au retour, les pointillés se révèlent extrémités du passage piétons, séparées du reste par une cassure de la pente.
J’ai savouré mon aplomb dans l’erreur à petites gorgées comme un verre de Loupiac. A la santé des automobilistes priautoritaires.

par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Dimanche 14 janvier 2007

A mon père qui apprivoise à petits pas l’idée de renoncer à l’alcool pour toujours et s’assombrit à celle de certains mariages :
- Tu sais papa, j’ai essayé les huîtres à la San Pellegrino, aujourd’hui. C’est pas si mal. On sent bien l’huître.
- Mais tu n’es pas une référence ! Pour toi, le vin ou l’eau…
Voilà. Passer huit ans à décortiquer le goût du vin, du Bleu du Vercors, de la brioche, du miel, de la viande bovine de Chartreuse, pour des professionnels prêts à rémunérer mes compétences, et s’entendre dire ça par son propre père.
Je retourne ce bout de phrase dans ma tête depuis deux jours. Je mesure tout ce qu’il contient de méconnaissance, de négation de ce que je suis. De même que pour lui, l’huître ne s’accommode décemment que de muscadet, à la rigueur de « l’Entre-deux-Mers de son gendre », de même sa fille ne fera jamais la différence entre le vin et l’eau parce qu’il en a décidé ainsi. Qu’elle soit ingénieur spécialisée en analyse sensorielle n’y change rien. Manquerait plus que ça.

par JACOTTE publié dans : HIC
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Jeudi 21 décembre 2006
Il paraît que quand les parents sont vieux, que les enfants sont grands, ce sont les enfants qui apprennent des choses aux parents.
Ce soir, j'ai appris que des poumons de fumeur ressemblent à une vieille éponge noire et humide alors que des poumons sains ressemblent à une éponge sèche ou à du nougat avec du sucre.
Et tout ça parce que les cigarettes contiennent du carburant de fusée, de l'élixir et du mercurochrome.
J'avais pas l'intention de refumer, mais si je l'avais eue ça me l'aurait coupée.
par JACOTTE publié dans : MARMAILLE
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Samedi 16 décembre 2006

Il paraît que quand les parents sont vieux, que les enfants sont grands, ce sont les enfants qui s’occupent des parents.

Ce soir, c’est Laure qui a lu Blanche-Neige (co-men es-tu a-ri-vé à no-tre mé-zon ?), puis chanté une alouette avec des bras et des jambes, pendant que je n’essayais même pas de ne pas m’endormir dans son lit.

par JACOTTE publié dans : MARMAILLE
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Samedi 9 décembre 2006
Ce que je préfère dans les matches de basket des samedis après-midi de décembre, c’est la Fischer bien fraîche que je bois au coin du feu, au retour. Avec un assortiment de charcuteries sauvées de la dernière raclette, sur des tartines de 3 cm d’épaisseur.
Non, c’est les conseils d’ordre général que donne l’entraîneur – presque 18 ans – à ses poulains, au retour : « Faut travailler les langues, les gars, c’est super important. Qui c’est qu’a la meilleure moyenne de ta classe ? Une fille ? La honte ! ». Avant d’appeler sa maman pour lui annoncer, pas peu fier, qu’ « il » a gagné 89 à 54.
Non, c’est celui qui vomit à l’aller et qui fait hurler de rire toute l’équipe en expliquant au téléphone aux occupants de la voiture de tête qu’on les a perdus parce qu’il a gerbé.
Mais non. Vous le savez bien, ce que je préfère. Vous commencez à me connaître. Alors je vous le dis, je suis pas bégueule.
Ce que je préfère, et de loin, c’est le sourire de Paul quand je réponds à sa question, après le départ des autres, que lui et moi dans la voiture :
« Ouais, t’as bien joué. T’as la pêche, t’en veux. Tu fais des feintes magnifiques. »
par JACOTTE publié dans : MARMAILLE
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