Dimanche 19 novembre 2006

Miss Marple et Maigret vont à la plage.

Maigret disparaît, Miss Marple le cherche, ne le trouve pas.

Elle ne l’attend pas, elle fait comme s’il était toujours là.

Même quand Sherlock Holmes joue des coudes pour piquer l’affaire à Maigret, il est toujours là.

Je ne savais pas que Miss Marple et Maigret avaient été mariés.

Merci, Monsieur Ozon.

par JACOTTE publié dans : FILMS
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Mardi 14 novembre 2006
La mauvaise foi,
l'égoïsme,
la mesquinerie,
la maladresse,
l'absence totale de maîtrise de soi,
la bêtise,
la cupidité,
ça vous fait rire, vous ?

Moi oui.
Y avait même longtemps que je n'y avais pas mis autant d'ardeur et de constance.
C'était dimanche après-midi au Grand Lemps.
Ça s'appelle Barouf à Chioggia, par le Théâtre de l'Arc-en-ciel. Ça fait un bien...

par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
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Dimanche 12 novembre 2006
Je suis fondamentalement pacifiste. Du moment qu’on me chie pas dans les bottes. D’une mauvaise foi éhontée dans l’antimilitarisme : dégoût congénital de l’uniforme et certitude tranquille qu’en cas de conflit c’est lui qui va au casse-pipe avant moi. J’assiste aux cérémonies du 11 novembre et du 8 mai parce que j’y suis un peu obligée. J’éprouve compassion et révolte pour les Joseph, Alphonse et Petrus qu’un monument me demande de ne pas oublier. L’expression « mourir pour la France » ne trouve chez moi aucune fibre à faire vibrer. Les paroles de la Marseillaise sont un peu guerrières à mon goût. Mais dès ses premières notes jouées par la fanfare cantonale, un long frisson me parcourt l'échine. Je ne sais pas quoi en faire.
par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
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Vendredi 10 novembre 2006

La dame derrière moi pose deux dînettes et des légumes en plastique sur la caisse.

D’humeur badine, je lui décoche un « Merci beaucoup, fallait pas ! ».

J’ai l’air de plaisanter mais l’espace d’un instant, d’un tout petit instant, ils ont vraiment été pour moi, ces jouets.

Je félicite la dame pour la sagesse dont elle fait preuve en achetant dès novembre ses cadeaux de Noël. Je lui promets même, à elle qui n'a rien demandé, d’en faire autant, pour une fois, de m’épargner la panique du 22 décembre. Mais je sais bien que je n’en ferai rien.

Noël, c’est des yeux qui brillent devant des paquets. En novembre, ça le fait pas.

par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
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Lundi 6 novembre 2006


D'accord, James a gagné le concours, il a surtout eu le mérite d'y participer...
Mon ami Arthur (le pompier) et moi n'avons pas eu le coeur de décourager nos concurrents avec cette courge de 5,93 m de haut.
Vous ne me croyez pas.
La photo suivante donne l'échelle avec un building de 10 étages:




Alors, James ? J'invite ton prof de français ?
par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
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Dimanche 1 octobre 2006
Dans les moments d'intense fatigue, je me (nous) pose souvent la question : "mais pourquoi fait-on des enfants???".
Ce matin je sais. On ne les fait pas pour laisser une trace, on ne les fait pas par instinct, pas plus que par désoeuvrement, on ne les fait pas dans un moment que la luxure empreint d'égarement, on ne les fait pas parce que cela se fait.
On les fait pour qu'un dimanche matin bien pluvieux, dix minutes après votre lever laborieux et quelques années après leur mystérieuse conception, ils vous demandent très naturellement, sûrs que vous connaissez la réponse : "maman, ça pèse combien, un pilum ?"
par JACOTTE publié dans : MARMAILLE
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Samedi 30 septembre 2006
Il l’avait achetée pour l’occasion. Il se cantonnait habituellement à un beige passe-partout assez bureaucratique. Lorsque je le rejoignis à la barrière de péage où nous avions rendez-vous, c’est elle que je vis en premier. Un rouge triomphal. Jamais je n’avais vu une chemise de cette couleur. Jamais je ne l’aurais imaginé, lui, choisir cette couleur pour une chemise.
Au cours du trajet qui nous emmenait chez Durand-Laplace, je l’observai du coin de l’œil. Il me semblait plus sûr de lui, jusque dans sa façon de prendre les virages à la dernière seconde. De temps à autre, il me jetait un regard entendu dont j’ignorais la signification. Je n’étais pas au bout de mes surprises.
Pour la première fois, il a parcouru d’un pas décidé le couloir qui mène au bureau de Madame Durand-Laplace, lui a serré la main avec fermeté et lui a demandé des nouvelles de Monsieur Durand-Laplace comme d’un copain d’enfance.
J’ai compris qu’il était un autre homme quand je l’ai vu ouvrir lentement la chemise rouge et en extraire un par un, sans quitter des yeux Madame Durand-Laplace, les documents provisoires du bilan de la SARL Durand-Laplace et Fils.
par JACOTTE publié dans : HISTOIRES
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Vendredi 29 septembre 2006

Un ami très féru de réalisme subjectif m’a vivement conseillé, il y a peu, de stendhaliser ma vie. Lui-même stendhalise la sienne en faisant des grimaces avec une petite centaine de personnes sérieuses, réunies sur une place plantée de tilleuls, un soir de septembre encore doux.

Peu convaincue, j’ai tout de même tenté le coup. A une buraliste qui me proposait innocemment un sachet pour emballer une carte postale, j’ai répondu « non, c’est pour manger tout de suite ».

J’attends encore la réponse de l’ami pour l’homologation de ma première stendhalisation, mais je sais de source sûre que le regard de la vendeuse n’a à ce jour pas réintégré ses orbites. Et la délocalisation du regard de tierce personne, comme stendhalisation, pardon.

par JACOTTE publié dans : EXERCICES
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Mercredi 27 septembre 2006
Ingrédients :
- un rendez-vous chez l'orthodontiste à 18h45
- un fils au doux sourire, pour le rendez-vous
- une jolie chanson sur le lecteur de la voiture
- une petite phrase qui trotte dans la tête ; la mienne ce soir, c'était : "à part leur faire bouffer leur casquette"

Partir à l'heure au rendez-vous. Au besoin, mettre une personne attentionnée à contribution pour vous rappeler l'heure. Laisser la petite phrase tourner dans votre tête. Ne pas retenir le sourire qu'elle fait naître à chaque passage. Déguster à petites gorgées.

Vous avez un quart d'heure pour me pondre une variante.
par JACOTTE publié dans : RECETTES
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Samedi 23 septembre 2006

Ma coloc (encore une Annie, je les collectionne un peu) l'écoutait en boucle quand j'avais vingt ans. Je le trouvais légèrement ringard, cet américain nasillard à la guitare folklorique. Son nom même me semblait kitschissime. Mais j'aimais bien ma coloc alors j'écoutais avec elle, un peu envieuse de son enthousiasme. J'ai pris « American III: Solitary man » à la médiathèque mercredi, entre Jeanne Cheral et Nougaro. Je l'ai mis dans le petit lecteur de la salle de bain. Je me plonge dans la baignoire à moitié pleine d'eau plus tout à fait assez chaude, un verre de Hoegaarden bien plein à portée de main. Les lentilles ne vont pas tarder à déborder, j'ai environ quinze minutes devant moi. Il chante One. Il a pris une chaise à côté de la baignoire, je peux toucher sa guitare. Il est poignant, j'ai lu ça sur lui et c'est exactement le mot qu'il faut. Il me prend le coeur dans sa grande main et il serre un peu, juste assez pour que je me sente aussi proche de cet homme américain dont j'ignore tout que de mes enfants qui dansent la sarabande à l'étage au-dessus. Il s'appelle Johnny Cash.

par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
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