Lundi 29 mai 2006


c'est aussi mon premier collier de perles de papier. Instant rare, étoiles dans les yeux, fierté d'une petite fille.
par JACOTTE publié dans : MARMAILLE
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 28 mai 2006
Ca y est : j'ai sévi sur Coïtus Impromptus ! Fallait que ça commence et ça finisse par "un verre de cervoise tiède". Euh, non. Par "un bol de camomille empoisonnée". Non, spa ça non plus. Ah, oui : "deux doigts de Porto blanc légérement madérisé". Non. Je sais plus. Voyez vous-mêmes.


Une tasse de café bouillant sur une table en fer blanc. Devant la table, un homme qui pleure. Devant l’homme, partout, la mer.
Il a mal dormi. Il ne dormira plus. Il pose ses mains autour de la tasse. Il se brûle mais cette douleur n’est rien. Elle éloigne un peu l’autre, comme le bruit de la mer tient à distance les battements de son cœur presque mort.
Et puis ses mains s’habituent, s’engourdissent à la chaleur apprivoisée. L’odeur du café lui parvient alors, forte, terreuse. Il retire ses sandales et gratte le sable frais de ses pieds nus. Elle avait souvent ce geste, le matin, devant la mer. Son cœur se serre au souvenir de ses ongles grenat. Pourquoi cette couleur sur des pieds ? se demande-t-il.
Il boit le café refroidi, fait la grimace, jette la tasse par terre. C’est joli, ces carreaux bleus et blancs dans le sable sombre.
Il se lève, s’étire, met ses mains dans les poches de son pantalon de toile légère. Il va peut-être aller jusqu’au phare. Il se dit que ce soir ou demain, son souvenir le plus fort de cette journée sera une tasse de café bouillant.

par JACOTTE publié dans : Coïtus Impromptus
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 26 mai 2006

Ces madeleines ont fait le tour du monde. Le tournoi 2006 de l'Anneau de vitesse, dans le sac à dos d'un basketteur survolté n'y allant QUE pour la rituelle bataille d'eau avec les entraîneurs. Pour des madeleines, c'est aussi éprouvant qu'un tour du monde. La preuve.
par JACOTTE publié dans : MARMAILLE
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Jeudi 25 mai 2006
Depuis que j'ai acheté ce disque, je n'en finis plus de faire des associations. Je viens d'en découvrir une aux harmonies en miroir : ACDC et les boules de gomme. En particulier les rouges, à la grenadine.
par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mercredi 24 mai 2006

Les consignes d’un entraîneur de foot à ses joueurs juste avant les prolongations d’une finale européenne, entremêlées du récit de son histoire d’amour. En « ascète » du foot et du sentiment, il a poussé à l’extrême les grands principes qu’il croit seuls capables de mener à un jeu et à un amour « justes », au risque de tout perdre. Le style colle bien au monologue, longues phrases très peu ponctuées, vocabulaire recherché, répétitions régulières :

« Un jour l’un d’entre vous, il se reconnaîtra et je m’excuse auprès de lui de divulguer même anonymement cette anecdote, l’un d’entre vous m’a dit au téléphone que sa récente baisse de régime, à l’époque nous piétinions en milieu de classement, était à mettre sur le compte de soucis personnels, soucis personnels c’étaient ses termes, moi j’ai fait semblant de rien, j’ai dit tes chaussures te font mal ? tes crampons sont mal réglés ?, il a dit je veux parler de problèmes vraiment personnels, j’ai dit pour un joueur de football je ne vois rien de plus intime que ses chaussures, il a dit il s’agit de soucis familiaux pour tout vous dire, j’ai dit j’ignorais qu’il y eût un membre de ta famille dans l’équipe, il a dit qui a parlé de ça ? j’ai dit alors je ne vois pas de quoi tu me parles, je ne vois rien, je ne vois ni mère malade ni père brouillé ni épouse malaimante, je ne vois qu’un rectangle semé d’herbe, à peu près cent mètres de long et soixante-dix de large, compliqué de lignes droites ou courbes variablement nécessaires au jeu, flanqué de deux buts aux deux extrémités de sa longueur et à mi-largeur, le jeu a lieu ici, pas ailleurs, d’aucuns ont récemment osé une transhumance vers les plages mais ils ont des lunettes de soleil et ne voient pas juste et… » (extrait page 33)

par JACOTTE publié dans : BOUQUINS
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 23 mai 2006
Je peux vous dire que pour le repassage, c'est miraculeux. Au niveau de l'énergie. Au niveau du résultat, c'est... innovant. Essayez.
par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 23 mai 2006
Je l'ai acheté. Aujourd'hui. Moi. Il y a des jours où... ce n'est pas que je ne m'épouserais pas, c'est que si je m'étais déjà épousée, je ne serais pas sûre d'avoir fait le bon choix. Voilà, c'est ça. Je ne l'ai pas encore mis sur la platine. Je ne sais pas comment je vais gérer les quatre paires d'yeux incrédules, voire inquiets, braqués sur moi, quand je vais le faire. Déjà, le photographier au milieu de mes corbeilles d'argent, c'était limite. Je vais peut-être faire comme si j'avais mis Brassens ou Barbara. Y a pas de raison. Je ne vais tout de même pas attraper un balai et le casser sur la table. Si? Vous me conseillez ça? Franchement, je vous aime bien, mais je ne pense pas que je vous épouserais.
par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Mardi 23 mai 2006

Les premiers jours d’un deuil, entre le moment où la narratrice apprend la mort de son compagnon et son enterrement. Ecrits dans la langue simple, sans détours, de Brigitte Giraud, que d’aucuns qualifient de sèche, impersonnelle, mais dont l’émotion est pourtant présente à chaque page. C’est tellement bien écrit qu’on voudrait que ce ne soit pas vrai, malgré l’évidence de l’autobiographie (dédicace de Nico, un roman lui aussi signé de l’auteure). Extrait, page 42 :

« On est le plus souvent surpris que je rappelle, un peu gêné. Un courrier aurait fait l’affaire. La voix à l’autre bout n’est parfois rien d’autre qu’une voix – pas de visage, pas de décor. Le plus souvent, le timbre est grave, de circonstance, alors que ma voix n’est pas du tout dans le ton, je le sens bien. Ma voix est extérieure à moi, elle se fraie un chemin sans détour, elle énonce les faits, elle dit la stupeur, la violence de l’événement, sans lamentations. Ma voix contrôle ce que je ne contrôle plus, elle est sereine, sage, ne veut pas inquiéter. Je la déteste. »
par JACOTTE publié dans : BOUQUINS
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 22 mai 2006

Aujourd’hui mon petit frère a trente-neuf ans. Il ne fait plus danser sa souris verte appelée Soyo et il y a bien longtemps que nous ne nous sommes assis au coin d’une pelouse pour critiquer d’un ton pénétré tous les voisins passant par là. Je crois qu’il écoute encore Bon Scott en faisant les crêpes le dimanche soir mais je n’en suis pas sûre. Il parle de certification environnementale et de productivité avec une bonne copine à moi et il a un Palm sur lequel sa fille lui dédicace des princesses en robe de mariée. Il a des responsabilités professionnelles qui semblent parfois lui peser mais dont il garde l’essentiel pour lui. Il n’aime pas la psychologie et les intellectuels, il appelle ça enc.. les mouches. Il n’a pas toujours un vocabulaire très châtié. Mais c’est un être délicieux, drôle, prévenant et secret. Je lui souhaite un très bon anniversaire. D’ailleurs, si vous voulez chanter avec moi, je crois que Fanchon lui ferait plaisir. Ou Highway to hell, comme vous préférez. Il est éclectique, aussi.

par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 21 mai 2006
Doubler des couples à pied sous des parapluies, se dire qu'ils vont au même spectacle. Marcher dans l'herbe à l'entrée du chapiteau. Reconnaître le technicien en noir à l'entrée, chercher où on l'a déjà vu pendant qu'il déchire nos billets. Croiser deux messieurs à très longue barbe grise, discutant au bas des gradins, se demander s'ils sont acteurs ou spectateurs. Chercher des visages connus parmi la foule déjà assise, n'en pas trouver et s'en étonner. Choisir sa place et se dire qu'on a bien fait d'arriver tôt. Observer les sacs et les coffres sur la scène, suivre les pas d'un comédien en chemise de satin ouverte, son pantalon assorti sur le bras, nez au vent. Faire passer un billet doux envoyé de l'autre bout du rang par un acteur lunaire, entièrement vêtu de carreaux, à une Madeleine Béjard en châle rapiécé. Sursauter à l'apparition d'une vieille dame qui chante avec le disque et qui fait la manche devant le premier rang, suivie d'un guitariste à lunettes, chapeau et cape sombres. Réaliser que ce n'est pas un disque mais sa voix, bien plus jeune que ses cheveux. Se laisser emporter, à l'extinction des lumières, par l'émoi du Pierrot à carreaux et la rudesse de son serviteur. Concevoir une tendresse immédiate et inconditionnelle pour le Scapin qui déboule, magnifique en ses tempes argentées, son costume blanchi de rock-star et son verbe impeccable, sûr, vainqueur. Rire, sourire, serrer la petite sur ses genoux quand elle pourrait avoir peur, courber l'échine avec le prétentieux bastonné. Taper des mains, des pieds, remercier ces gens pour l'énergie, la joie offertes. Espérer qu'ils aiment particulièrement le public de ce soir. S'émerveiller encore que des humains écrivent, jouent et entendent des histoires et encore des histoires, juste pour le plaisir.
par JACOTTE publié dans : PLEIN LES OREILLES
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus