Mercredi 17 mai 2006

Il dit :
- Vous savez comment elle s'appelle ?
Il parle d'une jeune femme
imaginaire, occidentale attirée par le Moyen-Orient. Je réponds spontanément, sans réfléchir:
- Leïla.
Il suit son idée :
- Elle s'appelle Leïla, parce que ça veut dire "tombée du jour".
Je l'ignorais. Tout le monde trouve ça normal.

Moralité : l'inconscient apprend les langues étrangères à l'insu du conscient. Normal, c'est l'inconscient.
Moralité 2 : après trois heures d'atelier d'écriture avec Maître Renard, personne ne s'étonne des miracles de l'inconscient.

par JACOTTE publié dans : ECRIRE
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Mercredi 17 mai 2006

Pendant que vous arrêtez l’aviron, les bateaux s’allongent, le lac se creuse de vagues nouvelles et vos fessiers s’affaissent. Le souvenir de votre retournement au large, l’été dernier, a pris toute la place. Votre bras a raccourci, il n’atteint plus la dame de nage opposée au ponton, qui pour sa part a perdu toute sa bonne volonté à vous retenir.

Mais la glisse du bateau, le clapotis dans votre dos font bientôt naître en vous un sentiment familier. Il est tel que vous vous arrêtez, pelles à plat, visage au soleil, une main dans l’eau fraîche, yeux clos. A vos oreilles complaisantes parviennent encore un très léger clapotis, un gloussement de poule d’eau, un lointain grondement de tondeuse. Et rien d’autre. Si. Une autre tondeuse. Qui se rapproche.
C’est le prof, sur le bateau à moteur. Il trouve que vous ne vous penchez pas assez en arrière, quand vous ramez. Vous objectez que cela vous fait mal au dos. Il vous rappelle alors toute l’utilité de votre ceinture abdominale en pareil cas.
Voilà, arrêter l’aviron, ça sert à faire valider par un professionnel ressemblant au Commandant Cousteau que vous avez une ceinture abdominale. Et aussi à féliciter les chevaliers-paysans de l’an mil de s’être installés au bord du lac de Paladru.

par JACOTTE publié dans : PHILOSOPHIE
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Lundi 15 mai 2006
Le blog c'est comme l'aviron : faudrait pas s'arrêter.
par JACOTTE publié dans : PHILOSOPHIE
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Vendredi 28 avril 2006
Il y a deux catégories de bricoleurs : les bricoleurs-nés et les futurs-ex-bricoleurs. Les premiers achètent toujours la bonne quantité du bon matériau, disposent des outils nécessaires à leur mise en oeuvre et obtiennent le plus souvent des résultats conformes à leurs objectifs. Les regarder faire donne aux seconds une fallacieuse impression de facilité. Pleins d'illusions en grande partie nourries par l'observation des premiers, les seconds iraient donc de déconvenue en déconvenue, si les fabricants de matériaux n'y mettaient bon ordre. Il est évident que pour des raisons de marketing, seule la première catégorie intéresse les fabricants de matériaux. Ils ont donc mis au point un sytème de sélection tout simple : la sélection par l'emballage. D'aucuns prétendent que le plus long dans le bricolage, c'est le rangement et le nettoyage. C'est vrai pour les bricoleurs-nés : ils ont beau être doués, on ne voit pas pourquoi ils échapperaient à cette  règle physique. Mais pour les autres, le plus long, c'est l'ouverture de la boîte. Alors qu'il y figure une quantité invraisemblable d'informations plus ou moins utiles, telles que les innombrables applications et qualités du produit, la gamme de coloris dans laquelle il se décline, les conseils indispensables à une utilisation correcte (une fois la boîte ouverte), les dangers auxquels on s'expose dans le cas contraire, la procédure d'ouverture de la boîte est irrémédiablement absente. Il m'est arrivé d'y passer l'après-midi. Je compte évidemment l'aller-retour au CHR pour recoudre le malheureux doigt attaqué par le couteau qui, pas si bête, avait vite identifié l'adversaire le plus facile. Le plus énervant, c'est qu'au train où le couvercle se soulève (environ un quart de millimètre par heure), le résultat n'est pas visible à l'oeil nu. Le seul moyen d'apprécier la progression de l'ouverture, c'est d'appuyer sur le couvercle. Et là, de deux choses l'une : soit il ne bouge pas plus dans ce sens que dans l'autre, ce qui signifie qu'on en est toujours au point de départ ; on parle alors de sélection par découragement ; soit il coulisse sans problème sur la boîte pour reprendre sa position initiale, ce qui signifie qu'on est revenu au point de départ. Fort de de cette validation de la technique utilisée, le presque ex-bricoleur, plein d'espoir, se remet alors à l'ouvrage avec enthousiasme. Jusqu'à ce que la lame ripe. On parle alors de sélection par  atteinte à l'intégrité physique. Evidemment, aucun fabricant de matériaux n'a jamais admis l'existence de cette sélection.
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Vendredi 28 avril 2006
Le spectacle que je préfère à la fête foraine, c'est celui que donnent les visages des enfants que j'accompagne. Leur stupeur devant les attractions où ils n'iraient pour rien au monde et où pourtant de plus grands s'amusent comme des fous, leur joie explosive, sans limite, sur les bolides qui les emportent toujours au même endroit, celui où les attend un sourire connu, leurs cernes qui s'allongent avec l'ombre de l'après-midi et qui disent qu'il faut fuir cette foire sans pitié pour leurs nerfs. Leur fierté dans le bus, les bras pleins de trophées d'un goût exquis. Leur joie qui renaît à la vue d'un square où on pourrait se reposer, manger une glace avec les pigeons, libérer les sirènes et les bijoux précieux de leurs emballages.
C'est là qu'est le clou de la sortie : une glace à la pistache, place Victor Hugo, au soleil d'avril, bercée par l'histoire de la sirène qui ne sait quelle robe choisir pour le bal des crapauds, en face de deux vieilles dames qui n'en perdent pas une miette et dont les émotions n'ont rien à envier à celles des enfants. Avec un train à prendre dans une demi-heure ou une heure. Disons, au prochain nuage.
par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
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Mercredi 26 avril 2006
Casserole d’eau, sel, trois gouttes d’huile d’olive.
Faire chauffer l’eau, sortir un paquet de coquillettes.
En attendant que l’eau bouille, chanter « J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien… » en claquant des doigts et en pointant alternativement pied droit et pied gauche.
Sourire imperceptiblement de l’air mi-inquiet, mi-incrédule de l’enfant qui passe par là. Lui couper une tranche de pain pour tromper sa faim et lui assurer que les coquillettes sont meilleures si on a chanté « J’ai la mémoire qui flanche » dans la cuisine.
Quand l’eau bout, à la fin du troisième couplet, suivre scrupuleusement les indications de l’emballage de coquillettes.
Déguster les coquillettes, qui auront un petit goût de pomme et de fenouil.
par JACOTTE publié dans : RECETTES
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Jeudi 20 avril 2006

Je dors rarement dans mon lit, la nuit du mardi au mercredi.

Je quitte vers vingt-deux heures, parfois plus tard, une maison découverte quelques heures auparavant, de jour, à l’aide d’un plan plus ou moins précis rédigé par une personne ignorant tout de mon incompétence géographique. Ce qui était à droite à l’aller se trouve alors à gauche, les montées sont devenues des descentes, les portails verts ont perdu toute couleur et les aimables autochtones ne renseignent plus personne. Dès la première erreur je perds le nord et le sud et me mets à errer dans la campagne endormie. A bout de patience et les paupières brûlantes, je finis par m’arrêter au bord d’un champ pour beugler mon impuissance à des vaches indifférentes et pleurer longuement la douceur du foyer inaccessible.

J’attends l’aube. Elle seule me révélera le virage, le clocher bien présents dans ma mémoire diurne. Je sourirai de mon incompréhensible égarement, remettrai le contact et rentrerai chez moi. Je me glisserai dans mon lit, où mon mari marmonnera « t’étais où ? ». Je répondrai que je ne sais pas et cela lui suffira. Il n’est pas jaloux.

par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Lundi 17 avril 2006
Comme les vacances sont encore loin mais que le besoin d'iode se fait pressant, il a renversé du sel fin dans la cuisine. Sous les pieds nus, ça ne fait pas tout à fait comme le sable, mais ça y ressemble. Pour les mouettes, on a lu un Gaston Lagaffe.
par JACOTTE publié dans : NEZ AU VENT
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Jeudi 13 avril 2006

J'exagère. Ce blog n'a que quatre mois d'existence et je vous fais déjà le coup de la botte de cresson. Je suis désolée. Quand j'aime, je ne contrôle plus rien. Vous m'en voulez beaucoup ?
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Mardi 11 avril 2006
Mélanie monte dans le train de 17 heures 04 à Marseille, Gaétan dans celui de 17 heures 32 à Lyon Part-Dieu. Le train de Mélanie heurte un animal divagant entre Mornas et Mondragon et reste immobilisé 2 heures et 13 minutes. La SNCF ne fournit à Mélanie aucune explication ni excuse d'aucune sorte. Le train de Gaétan arrive en gare de Valence à 18 heures 39, soit avec 2 minutes de retard. Celui de mélanie arrive à 21 heures 30, soit 1 heures et 56 minutes après l'horaire prévu. Sachant que le message de la SNCF "en raison de la présence d'un animal divagant sur la voie, le TER numéro 17712 en provenance de Marseille est annoncé avec un retard d'environ 50 minutes" a été diffusé dans la gare de Valence 14 fois entre l'arrivée du train de Gaétan et celle du train de Mélanie ; que Mélanie saute du train alors qu'il roule encore à une vitesse de 10 km/heure et qu'elle court à 12,5 km/heure lorsqu'elle percute une grosse dame encombrée de valises (choc mou qui fait descendre sa vitesse à 9 km/heure) ; que Gaétan et Mélanie ne se sont pas vus depuis 3 semaines, calculez l'énergie absorbée par la mâchoire de Gaétan lorsque la bouche de Mélanie rencontre celle de Gaétan (choc semi-élastique). Donnez la réponse en Joules, en calories et en kilowattheures.
par JACOTTE publié dans : EXERCICES
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