Monologue de Tonton Jean qui pique-nique en famille (femme, sœur, beau-frère etc.), quelque part en Lorraine en 1946. Il est péremptoire, de mauvaise foi, il a un avis sur tout et sur tout le monde. Il passe sans transition du poulet à la condition des femmes et à la réconciliation des peuples : « Non, je ne cherche pas à le défendre ce gamin, d’ailleurs personne ne l’accuse. Yvonne, de quoi on l’accuserait, ton Max, tu t’en es bien tirée pour l’élever sans son père pauvre soeurette, tiens mange une autre part de quiche. On dirait qu’il va pleuvoir ah non pas de l’eau encore, on en eu assez depuis deux mois. »
Le rosé aidant, son bavardage cache de moins en moins sa culpabilité par rapport à certain événement tragique survenu au beau-père de sa sœur, allemand et résistant. C’est du Saumont : ça a l’air léger, anodin, et c’est terrible. Petite question pour les germanistes : la deuxième personne du pluriel pour le vouvoiement en allemand, c’est une spécialité lorraine ?
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