Le charme est tombé. Aucune des personnes rencontrées aujourd'hui ne m'a inspiré le moindre "Sully-Morland" espiègle, le plus petit "Stalingrad, et vous ?" bienveillant. Je me demande même comment cela a pu m'amuser hier. Hier était hier. Aujourd'hui j'ai mis consciencieusement 30 litres de super 95 dans un véhicule diesel. J'aime bien faire ça aussi, observer la réaction de la froide mécanique (en l'occurrence pas si froide que ça) à l'élément perturbateur. Et bien, amis lecteurs, sachez que l'AX diesel nourrie au super 95 pratique la résistance passive. Pas de crachotement, pas de toussotement, pas d'explosion intempestive. Une espèce de lourdeur (quand on connaît l'impétuosité habituelle de ce bolide), de lassitude, avant même d'attaquer la côte de Charnècles. C'est quand j'ai dû passer la troisième que je me suis vue, honte à moi, trois minutes plus tôt, brandissant le pistolet vert assassin, au lieu du jaune nourricier, et que j'ai compris ma fatale erreur. Toute ma vie de conductrice médiocre (ce n'est pas là mon premier forfait) est repassée par mon neurone atterré. Et là, le moyen de donner du "Sully-Morland" au garagiste providentiel et condescendant aux mains duquel j'avais, par mon inconséquence, remis mon sort ? Que n'existe-t-il, quelque part dans le monde, de station de métro baptisée "contrition". Ou "Et merde".
Et merde... Il doit y avoir moyen de noyer l'essence intruse sous le diesel ? Ou peut-être beaucoup, beaucoup parler à l'AX sur un ton rassurant. Ou les deux.
Commentaire n° 1
posté par
Impromptu
le 15/03/2006 à 17h02
D'accord, je crois en l'homme, en l'AX et en l'infini pouvoir du dialogue. Mais où sont les oreilles de l'AX ?
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