Rien ne me ravit plus qu’un mot rare perdu dans une phrase banale, lâché par un orateur désinvolte, inconscient du prix du cadeau.
Je fus récemment gratifiée d’un « nyctalope » impérial, entre gigot et fromage. Je le savourais encore sur un chemin de feuilles mortes, hérissé de châtaignes, lorsque son auteur poussa l’élégance jusqu’à nommer doctement, pour une assistance enfantine médusée, la « cupule » coiffant le gland tombé à terre.
Cupule et nyctalope, c’était presque trop pour un dimanche.
Que dire alors du « molaquer* » inventé par une collègue en grande forme, pour les seuls besoins d’une potache et phonétique récréation ?
Qu’il y a privilège à vous connaître, rien que pour ces mots-là.
Merci Marie, merci Philippe.
* « Terre ! molaque-t-il (en apercevant une côte après trente jours de navigation à la dérive). »
P.S. Désolée pour la première version un peu bousculée de la citation, rectifiée maintenant. Un peu de respect pour les grands textes ne nuit pas.
C'est sûr qu'un Damar quand on a navigué, c'est bien.
La cupule, mon fils me l'avait appris quand il avait l'âge de trouver les jolis mots intéressants. Maintenant qu'il a 21 ans, c'est trop pourrave.
Pour Nyctalope, ce sont mes deux chattes qui me l'ont appris, elles le sont depuis toujours.
Mon fils ne dit ni nyctalope ni nique ta mère. Quand même !
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