Rien ne me ravit plus qu’un mot rare perdu dans une phrase banale, lâché par un orateur désinvolte, inconscient du prix du cadeau.
Je fus récemment gratifiée d’un « nyctalope » impérial, entre gigot et fromage. Je le savourais encore sur un chemin de feuilles mortes, hérissé de châtaignes, lorsque son auteur poussa l’élégance jusqu’à nommer doctement, pour une assistance enfantine médusée, la « cupule » coiffant le gland tombé à terre.
Cupule et nyctalope, c’était presque trop pour un dimanche.
Que dire alors du « molaquer* » inventé par une collègue en grande forme, pour les seuls besoins d’une potache et phonétique récréation ?
Qu’il y a privilège à vous connaître, rien que pour ces mots-là.
Merci Marie, merci Philippe.
* « Terre ! molaque-t-il (en apercevant une côte après trente jours de navigation à la dérive). »
P.S. Désolée pour la première version un peu bousculée de la citation, rectifiée maintenant. Un peu de respect pour les grands textes ne nuit pas.
J’ai la trouille dans les virages. Surtout les extérieurs.
Mon casque sent le moisi.
J’ai mal au cul.
Je sens plus ma jambe gauche.
Sûr que j’ai une lésion irréversible au nerf sciatique.
Mais cette impression d’être de l’expédition Apollo à chaque fois que je remets ce casque qui sent le moisi…
Vendredi 10 novembre 2006
La dame derrière moi pose deux dînettes et des légumes en plastique sur la caisse.
D’humeur badine, je lui décoche un « Merci beaucoup, fallait pas ! ».
J’ai l’air de plaisanter mais l’espace d’un instant, d’un tout petit instant, ils ont vraiment été pour moi, ces jouets.
Je félicite la dame pour la sagesse dont elle fait preuve en achetant dès novembre ses cadeaux de Noël. Je lui promets même, à elle qui n'a rien demandé, d’en faire autant, pour une fois, de m’épargner la panique du 22 décembre. Mais je sais bien que je n’en ferai rien.
Noël, c’est des yeux qui brillent devant des paquets. En novembre, ça le fait pas.
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