Mardi 3 juin 2008
Deux filles devant un cinéma. Peines de coeur. L'une prétend travailler sa légèreté. L'autre opine gravement. Tu as raison, faut pas y laisser trop de plumes. Ben oui, surtout quand on n'en a plus beaucoup. Mortes de rire. C'est l'effet Carrie Bradshaw. Même le vent s'y est mis quand l'une (la même) a sorti ses paquets du coffre de l'AX Thalassa.
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Dimanche 16 décembre 2007

D’accord, c’est un peu fouillis. Un peu réservé aux dylanodoctes, comme l’a écrit Pierre Murat. D’accord, la tignasse de Cate évoque plutôt Marie-Paule Belle que Robert Zimmermann.
Mais il y a cette perplexité qui ne se dissipe jamais, à suivre sans bien les comprendre les aventures d’un petit garçon prénommé Woody (Woody Guthrie était-il noir ?), d’un Tony ou Franck Quelque Chose, folk star un peu ringarde aux faux airs de Chris Isaak, ou d’une Julianne Moore qui a tout de Joan Baez, sauf le nom.

Perplexité qui devient trouble à l’apparition de Cate Blanchett : joues creuses, regard fiévreux, moues dégoûtées, dos de moineau et mouvements mâles où traîne une féminité qu’on a du mal à croire feinte. Cate en Bob au piano : les mêmes mouvements de tête scandant les mots poil à gratter du protest singer, un soupçon de grâce en plus.

Le trouble grandit avec la performance vocale : les intonations caractéristiques, ces phrases qui montent et redescendent au gré des mises au point du bonhomme, c’est déjà fort. Mais le timbre lui-même y est. Ou alors on veut le croire. Parce qu’on est plus que séduite, scotchée par ce regard qu’on prend en pleine figure, du fond d’une limousine, qui dit toute la roublardise, l’art de la séduction et de l’esquive du personnage. Un regard qui dit à lui seul qu’on a bien fait de venir. Et qui nous suit lorsqu’on remet Blonde on blonde sur la platine, à peine arrivée à la maison.

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Dimanche 19 novembre 2006

Miss Marple et Maigret vont à la plage.

Maigret disparaît, Miss Marple le cherche, ne le trouve pas.

Elle ne l’attend pas, elle fait comme s’il était toujours là.

Même quand Sherlock Holmes joue des coudes pour piquer l’affaire à Maigret, il est toujours là.

Je ne savais pas que Miss Marple et Maigret avaient été mariés.

Merci, Monsieur Ozon.

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Lundi 3 avril 2006
Peut-être que Anouk Grinberg n'a pas grand chose à voir avec Gisèle Halimi. Peut-être que Sandrine Bonnaire est très différente de Michèle Chevalier. Peut-être que ça ne s'est pas vraiment passé comme ça. Peut-être que je n'ai rien compris à ce qui oppose et/ou rapproche les hommes et les femmes de ce monde. Mais Anouk/Gisèle, ce soir à la télé, avec ses costumes d'homme, ses répliques d'intello un peu raide, sa détermination rentrée, son émotion contenue, était au-delà de ça. Une femme magnifique. Intelligente, sensible, capable de séduire sur un plan non pas sexuel mais humain, de présenter sa cause comme une quête de vie meilleure pour tous, dont la victoire profite aux uns comme aux unes. Chapeau bas. Capeline ou borsalino, comme vous voulez.
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Vendredi 24 février 2006
Ça commence dans un rétroviseur. Ça finit les larmes aux yeux, de celles qui grondent au fond de la gorge. Entre-temps il y a des chevaux, des moutons, la vie au grand air, des règles qu'on n'enfreint pas. Et l'Amour. Violent, tendre, tu, soumis, bouillonnant. Magnifique. Ça s'appelle Le Secret de Brokeback Mountain. Et dire que maintenant je vais poncer du plâtre.
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