Lundi 17 décembre 2007
A quoi reconnaît-on l'hiver ? A la neige ? Certainement pas. Il en tombe en novembre comme en avril, qui sont à l'hiver ce que l'esprit est au Petit bulletin. Au froid ? Pas plus, je le crains. Aux arbres sans feuilles ? C'est mieux mais pas très précis, vous en conviendrez.
Moi je sais qu'on est en hiver quand je ne peux plus m'arrêter de mettre du fromage dans la béchamel pour les crêpes fourrées.
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Mercredi 17 janvier 2007

Le 4x4 marque une hésitation mais s’engage sur ma droite. Je ralentis, incrédule. Il ne va quand même pas… Si. Il a. Je klaxonne. Il pile. Moi aussi, obligée. Il n’ouvre pas sa portière tout de suite. Il ne sait plus où il a mis sa batte, peut-être. Il se décide, pose un pied par terre et me fait face, le majeur provocant. Je lis sur ses lèvres « priorité à droite ». Je suis sûre de moi, j’ai vu les pointillés en me poussant sur son passage forcé. Je réponds « cédez le passage » en articulant bien et en tentant de maîtriser la colère qui monte, depuis ce doigt pointé. Il répète « priorité à droite », je répète « cédez le passage ». Et il repart. Je regrette de n’être pas sortie moi aussi, pour l’inviter à vérifier avec moi. Tant pis, je le ferai au retour, sans partager ma victoire.
Au retour, les pointillés se révèlent extrémités du passage piétons, séparées du reste par une cassure de la pente.
J’ai savouré mon aplomb dans l’erreur à petites gorgées comme un verre de Loupiac. A la santé des automobilistes priautoritaires.

par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Mercredi 21 juin 2006
Il y a des jours où ma flemme semble n'avoir pas de limites.
Ces jours ne sont qu'une succession d'activités repoussées aussitôt qu'envisagées,
leur simple évocation ne faisant qu'ajouter à un épuisement né d'une erreur matinale : mettre le pied par terre...
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Mercredi 21 juin 2006
La quatrième dimension est très accessible, prête à surgir au détour des conversations les plus  anodines.
La soixantaine alerte, Jacques se déclare actuellement très occupé par une activité de "papy-sitting".
- Tu gardes ton papy ? lui demandé-je avec un rien d'ironie.
- Celui de ma femme, me répond-il très sérieusement. Veuf depuis peu. Mais attention, il est à Perpignan.
Evidemment, s'il est à Perpignan.
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Vendredi 28 avril 2006
Il y a deux catégories de bricoleurs : les bricoleurs-nés et les futurs-ex-bricoleurs. Les premiers achètent toujours la bonne quantité du bon matériau, disposent des outils nécessaires à leur mise en oeuvre et obtiennent le plus souvent des résultats conformes à leurs objectifs. Les regarder faire donne aux seconds une fallacieuse impression de facilité. Pleins d'illusions en grande partie nourries par l'observation des premiers, les seconds iraient donc de déconvenue en déconvenue, si les fabricants de matériaux n'y mettaient bon ordre. Il est évident que pour des raisons de marketing, seule la première catégorie intéresse les fabricants de matériaux. Ils ont donc mis au point un sytème de sélection tout simple : la sélection par l'emballage. D'aucuns prétendent que le plus long dans le bricolage, c'est le rangement et le nettoyage. C'est vrai pour les bricoleurs-nés : ils ont beau être doués, on ne voit pas pourquoi ils échapperaient à cette  règle physique. Mais pour les autres, le plus long, c'est l'ouverture de la boîte. Alors qu'il y figure une quantité invraisemblable d'informations plus ou moins utiles, telles que les innombrables applications et qualités du produit, la gamme de coloris dans laquelle il se décline, les conseils indispensables à une utilisation correcte (une fois la boîte ouverte), les dangers auxquels on s'expose dans le cas contraire, la procédure d'ouverture de la boîte est irrémédiablement absente. Il m'est arrivé d'y passer l'après-midi. Je compte évidemment l'aller-retour au CHR pour recoudre le malheureux doigt attaqué par le couteau qui, pas si bête, avait vite identifié l'adversaire le plus facile. Le plus énervant, c'est qu'au train où le couvercle se soulève (environ un quart de millimètre par heure), le résultat n'est pas visible à l'oeil nu. Le seul moyen d'apprécier la progression de l'ouverture, c'est d'appuyer sur le couvercle. Et là, de deux choses l'une : soit il ne bouge pas plus dans ce sens que dans l'autre, ce qui signifie qu'on en est toujours au point de départ ; on parle alors de sélection par découragement ; soit il coulisse sans problème sur la boîte pour reprendre sa position initiale, ce qui signifie qu'on est revenu au point de départ. Fort de de cette validation de la technique utilisée, le presque ex-bricoleur, plein d'espoir, se remet alors à l'ouvrage avec enthousiasme. Jusqu'à ce que la lame ripe. On parle alors de sélection par  atteinte à l'intégrité physique. Evidemment, aucun fabricant de matériaux n'a jamais admis l'existence de cette sélection.
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Jeudi 20 avril 2006

Je dors rarement dans mon lit, la nuit du mardi au mercredi.

Je quitte vers vingt-deux heures, parfois plus tard, une maison découverte quelques heures auparavant, de jour, à l’aide d’un plan plus ou moins précis rédigé par une personne ignorant tout de mon incompétence géographique. Ce qui était à droite à l’aller se trouve alors à gauche, les montées sont devenues des descentes, les portails verts ont perdu toute couleur et les aimables autochtones ne renseignent plus personne. Dès la première erreur je perds le nord et le sud et me mets à errer dans la campagne endormie. A bout de patience et les paupières brûlantes, je finis par m’arrêter au bord d’un champ pour beugler mon impuissance à des vaches indifférentes et pleurer longuement la douceur du foyer inaccessible.

J’attends l’aube. Elle seule me révélera le virage, le clocher bien présents dans ma mémoire diurne. Je sourirai de mon incompréhensible égarement, remettrai le contact et rentrerai chez moi. Je me glisserai dans mon lit, où mon mari marmonnera « t’étais où ? ». Je répondrai que je ne sais pas et cela lui suffira. Il n’est pas jaloux.

par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Jeudi 13 avril 2006

J'exagère. Ce blog n'a que quatre mois d'existence et je vous fais déjà le coup de la botte de cresson. Je suis désolée. Quand j'aime, je ne contrôle plus rien. Vous m'en voulez beaucoup ?
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Jeudi 6 avril 2006
7 heures 4 : le réveil. Même pas peur.
8 heures 10 : raté les grands. Si je me lève maintenant, je peux voir la petite. Dans le brouillard.
8 heures 22 : la porte claque. Raté la petite.
8 heures 43 : l'AX pétarade. L'a pas digéré son super 95. Raté le mari.
8 heures 59 : c'est bon, j'me lève. Y a pas le feu.
9 heures 13. L'a pas de goût, le thé, ce matin. C'est quoi, ce disque ? Abbey Lincoln. Bof. Vais finir de lire cet article sur Lucchini. 'me bien Lucchini. Bon, c'est tout ? S'est pas foulé, Ferenczy.
9 heures 34. Si j'étais un homme, je m'épouserais pas, c'est sûr.
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Lundi 3 avril 2006
Dans le langage des fleurs, le pinceau ébouriffé signifie "rébellion".
On peut l'offrir en réaction à un licenciement abusif, à une rupture unilatérale, à un redressement fiscal.
J'ai trouvé celui-ci ce matin devant ma porte, emballé dans un joli papier de soie, sans carte.
La fleuriste n'a vendu aucun pinceau ces derniers jours. Les voisins n'ont rien vu, rien entendu. C'est une rébellion silencieuse. La pire.
Z'auriez pas une idée ?
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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Mardi 14 mars 2006
Le charme est tombé. Aucune des personnes rencontrées aujourd'hui ne m'a inspiré le moindre "Sully-Morland" espiègle, le plus petit "Stalingrad, et vous ?" bienveillant. Je me demande même comment cela a pu m'amuser hier. Hier était hier. Aujourd'hui j'ai mis consciencieusement 30 litres de super 95 dans un véhicule diesel. J'aime bien faire ça aussi, observer la réaction de la froide mécanique (en l'occurrence pas si froide que ça) à l'élément perturbateur. Et bien, amis lecteurs, sachez que l'AX diesel nourrie au super 95 pratique la résistance passive. Pas de crachotement, pas de toussotement, pas d'explosion intempestive. Une espèce de lourdeur (quand on connaît l'impétuosité habituelle de ce bolide), de lassitude, avant même d'attaquer la côte de Charnècles. C'est quand j'ai dû passer la troisième que je me suis vue, honte à moi, trois minutes plus tôt, brandissant le pistolet vert assassin, au lieu du jaune nourricier, et que j'ai compris ma fatale erreur. Toute ma vie de conductrice médiocre (ce n'est pas là mon premier forfait) est repassée par mon neurone atterré. Et là, le moyen de donner du "Sully-Morland" au garagiste providentiel et condescendant aux mains duquel j'avais, par mon inconséquence, remis mon sort ? Que n'existe-t-il, quelque part dans le monde, de station de métro baptisée "contrition". Ou "Et merde".
par JACOTTE publié dans : BOULETTES
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