- Ah oui, vraiment ! A un moment, quand ils étaient tous en tas...
- Ah bon, ça s'appelle un tas ?
- Ben, quand ils sont tous par terre, ça forme un tas.
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Pendant que vous arrêtez l’aviron, les bateaux s’allongent, le lac se creuse de vagues nouvelles et vos fessiers s’affaissent. Le souvenir de votre retournement au large, l’été dernier, a pris toute la place. Votre bras a raccourci, il n’atteint plus la dame de nage opposée au ponton, qui pour sa part a perdu toute sa bonne volonté à vous retenir.
Mais la glisse du bateau, le clapotis dans votre dos font bientôt naître en vous un sentiment familier. Il est tel que vous vous arrêtez, pelles à plat, visage au soleil, une main dans l’eau fraîche, yeux clos. A vos oreilles complaisantes parviennent encore un très léger clapotis, un gloussement de poule d’eau, un lointain grondement de tondeuse. Et rien d’autre. Si. Une autre tondeuse. Qui se rapproche.
C’est le prof, sur le bateau à moteur. Il trouve que vous ne vous penchez pas assez en arrière, quand vous ramez. Vous objectez que cela vous fait mal au dos. Il vous rappelle alors toute l’utilité de votre ceinture abdominale en pareil cas.
Voilà, arrêter l’aviron, ça sert à faire valider par un professionnel ressemblant au Commandant Cousteau que vous avez une ceinture abdominale. Et aussi à féliciter les chevaliers-paysans de l’an mil de s’être installés au bord du lac de Paladru.
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